La sécurité du travail en hauteur repose sur l’analyse de plusieurs notions essentielles qui influencent directement la santé de l’opérateur et qui doivent impérativement être prises en compte lors de l’analyse de risques préalable à tout travail en hauteur, afin de limiter les conséquences d’une chute.
Le facteur de chute correspond au rapport entre la hauteur de chute et la longueur du système de liaison ; il est égal à la hauteur de chute divisée par la longueur du moyen de liaison.
Facteur 0
Le facteur de chute 0 correspond à la situation la plus favorable en travail en hauteur, car la hauteur de chute est nulle ou quasi nulle par rapport à la longueur du moyen de liaison : l’opérateur est en tension sous le point d’ancrage, ce qui limite la prise de vitesse et réduit les efforts transmis au corps et aux équipements.
Cette situation ne doit pas être banalisée : il s’agit bien d’une chute.
Facteur 1
On observe ici que l’opérateur chute d’une longueur équivalente à celle de son moyen de liaison ; d’après le calcul vu précédemment, cela correspond à un facteur de chute 1. Il s’agit d’une limite acceptable, à condition de prévoir des équipements adaptés (notamment un dispositif d’absorption d’énergie) afin de réduire l’impact subi par l’opérateur. Il est également indispensable de réaliser une analyse de risques portant sur l’espace disponible sous les pieds de l’opérateur, et plus largement sur l’espace libre disponible en cas de chute.
Facteur 2
On observe ici une situation extrêmement défavorable, susceptible d’entraîner des conséquences graves sur la santé de l’opérateur. Tout doit être mis en œuvre pour éviter et limiter ce type de configuration. En cas d’impossibilité technique, il est indispensable d’adapter le matériel à cette situation et de prévoir des dispositions spécifiques du poste de travail, notamment un espace libre très important sous l’opérateur afin de réduire au maximum les conséquences d’une chute.
La force de choc correspond à l’effort transmis à l’opérateur lors de l’arrêt de la chute. Le calcul complet de la force de choc est complexe, car plusieurs paramètres entrent en jeu, mais les éléments essentiels à retenir sont clairs : la force de choc dépend notamment de la masse de l’opérateur et de la longueur (hauteur) de chute.
Action clé
réduire au maximum la longueur de chute = réduire la force de choc
On remarque dans le tableau ci-contre que la limite à ne pas franchir est de 600 daN (≈ 6 kN), soit un équivalent d’environ 600 kg en “poids” de référence, pour la force de choc subie par l’opérateur. Toute situation exposant l’opérateur à une force de choc supérieure doit faire l’objet d’une étude préalable, afin de mettre en place des dispositifs adaptés permettant de réduire cette force de choc et de limiter les conséquences en cas de chute.
On observe donc que, dans les situations exposant les opérateurs à une force de choc supérieure à 600 daN, la mise en place d’un dispositif d’absorption d’énergie est indispensable afin de limiter les effets de la chute sur l’opérateur.
L’analyse de risques doit permettre de limiter la force de choc et d’intégrer l’éventuel déclenchement de l’absorbeur d’énergie, afin de s’assurer que celui-ci n’augmente pas de façon significative le tirant d’air. On observe toutefois, en pratique, que le déclenchement de l’absorbeur ne génère pas une augmentation significative du tirant d’air, dès lors qu’il n’est pas utilisé dans des conditions extrêmement défavorables.
Distance d’arrêt de la chute et tirant d’air
Le tirant d’air correspond à la hauteur minimale à prévoir sous un système d’arrêt des chutes afin que l’utilisateur n’entre pas en contact avec un obstacle lors de l’arrêt de sa chute. Cette hauteur varie selon le type de système utilisé (longe avec absorbeur d’énergie, antichute mobile, etc.), le poids de l’utilisateur et sa position initiale par rapport au point d’ancrage.
Le calcul du tirant d’air intègre plusieurs éléments :
la distance d’arrêt des dispositifs mobiles ou la longueur de la longe, (allongement éventuel du support (élasticité de la corde)),
la longueur de déchirement (éventuel) de l’absorbeur d’énergie,
la taille moyenne de l’utilisateur,
une marge de sécurité (1m),
Une estimation du tirant d’air est fournie dans la notice technique de chaque équipement.
L’effet pendulaire apparaît quand l’ancrage est décalé : en cas de chute, l’opérateur se balance et peut heurter la structure, augmentant le risque de blessures.
